Le petit patrimoine lozérien

Le petit patrimoine lozérien

Chazelle, burons, clochers de tourmente, lavoirs... la Lozère possède un véritable petit patrimoine qui fait partie de l'identité du département.

La Lozère est riche de son patrimoine culturel avec ses édifices religieux, musées, écomusées, sites archéologiques, cités médiévales et châteaux, mais il existe aussi des bâtisses moins connues qui font le charme de ce département rural. Capitelles, ferradous ou accols, la culture lozérienne possède également son propre lexique. Au coeur de son petit patrimoine, l'authenticité régnera comme mot d'ordre pour une balade riche en histoire.

Le petit patrimoine de Lozère étoile tout notre territoire. Isabelle Darnas, directrice de l'Enseignement, des Sports et de la Culture au Département, nous en dresse un petit panel.

Qu'est-ce qui, de façon générale, caractérise au mieux le petit patrimoine que l'on peut croiser en Lozère ?

Si les croix de villages ou les petites chapelles, disséminées ça et là en Lozère nous rappellent la place du sacré au Moyen Âge, le petit patrimoine local était principalement dédié aux usages agricoles d'avant les années 1960. La présence de moulins à vent est attestée sur notre territoire, dans les Cévennes et les grands causses entre autres, même si, aujourd'hui, malheureusement, il ne reste à voir que leurs ruines. De belles caves à fromages existent également dans le département, elles sont à découvrir chez les particuliers, notamment aux alentours de l'ancienne ville médiévale et commerçante de Meyrueis.

Ancien four à pain de Castelbouc

Les fours à pain étaient collectifs. Les cuissons s'effectuaient à tour de rôle. Propriétés des seigneurs avant la Révolution, ils leur permettaient de percevoir une taxe. Ces fours – tout comme les lavoirs d'ailleurs – sont visibles un peu partout en Lozère, excepté dans les Cévennes où la dispersion des habitations était telle que chaque foyer disposait de ses propres équipements. Les burons, couverts de lauzes, étaient exploités de façon saisonnière par les éleveurs comme refuge tout comme abri pour la fabrication du fromage.

Comment se nomment les piliers de pierre que l'on peut encore croiser sur les routes de Lozère ?

Il s'agit de montjoies ! Cette exclamation du Moyen Âge servait alors à rallier le roi de France, c'est peut-être l'origine de leur nom. Disposés le longs des routes, ces piliers indiquaient au voyageur qu'il se trouvait alors sur une voie royale.

Montjoie sur le Mont-Lozère

Quelle différence faire entre les cazelles, les chazelles et les capitelles ?

Aucune ! Ces trois mots désignent tous le même petit bâti : de petites cabanes de bergers typiques, construites en pierre, des murs à la toiture. L'élevage des bovins a lui aussi marqué notre territoire. Présents un peu partout dans le département, les ferradous tirent leur nom de l'occitan. Très esthétiques, ces anciens métiers à ferrer les boeufs étaient composés de quatre piliers qui permettaient de ceinturer la bête grâce à un ingénieux système de cordage.

Quels sont, selon vous, les vestiges les plus singuliers de notre département ?

Je dirais sans hésitation : les clochers de tourmente. Sans lien avec les clochers religieux, ceux-ci avaient pour rôle de sonner une cloche afin que les voyageurs perdus puissent se repérer grâce au son pendant les tempêtes de neige. Nous en avons repéré au total cinq, tous sur le Mont Lozère.

Les Bancels, un paysage modelé par l'homme

En raison des pentes abruptes et des fortes pluies méditerranéennes, les anciens habitants des Cévennes ont aménagé des espaces cultivables. Il s'agit des bancels – également nommées faïsses, traversiers ou accols –, terrasses aménagées typiques. Installées autour des fermes, depuis le bas des vallées jusqu'aux crêtes, ces bancels ont permis de retenir les sols et cultiver le pois chiche, la lentille ou le châtaignier.

Bancels du Bougeret

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