Des traditions et coutumes bel et bien vivantes

Des traditions et coutumes bel et bien vivantes

Terre vivante, la Lozère possède des traditions qui meuvent son cadre de vie idyllique : transhumance, batellerie ou fêtes votives dans chaque village, les habitants vous attachent à leurs profondes racines.

Lozère, terre de traditions. Ici, ce n’est pas un vain mot, mais une réalité et une question d’authenticité, comme l’explique l’un de ses fins connaisseurs depuis plus de 30 ans, l’historien et guide, Philippe Chambon.

Peut-on dire que la Lozère a conservé un folklore plus qu'ailleurs ?

Ce terme de folklore m’agace un peu pour ne rien vous cacher. Je parlerai plutôt de culture populaire vivante. Le folklore a quelque chose de figé et de passéiste, alors que les traditions et les coutumes sont, en Lozère, bel et bien vivantes. Par exemple, c’est un des rares pays où la langue d’oc est parlée couramment parce qu’on est resté un département agricole – c’est une langue du travail de la terre –, qu’il y a eu peu de brassage de populations et que les habitants sont attachés à leurs racines. Et si les Lozériens parlent français, il est fortement mâtiné d’occitan, ce que certains appellent le patois.

Il y a aussi les fêtes locales où l’on danse spontanément la bourrée, non pas dans un but de spectacle, mais de plaisir et de transmission. D’ailleurs, chaque village a sa propre fête votive, même s’il ne compte que 45 habitants… Et puis, dans cette culture, je mettrais tout ce qui gravite autour de la chasse qui fait vraiment partie de la vie quotidienne.

Une coutume bien vivante qui perdure, c'est la transhumance...

La Lozère est l’un des derniers départements où elle se pratique encore à pied et non en camion. En Aubrac, la transhumance bovine est restée authentique et n’est pas un produit touristique. Chaque dernier dimanche de mai, c’est l’événement de l’année. Les vaches, décorées de rameaux fleuris et de sonnailles – les plus belles d’une branche de houx ornée de fleurs en papier et d’un drapeau français entre les cornes –, grimpent sur le plateau pour y passer l’été. Au passage au col de Bonnecombe, elles sont bénies par les prêtres au cours d’une grande fête, qui réunit des milliers de personnes, au milieu de nulle part, à plus de 1 300 mètres d’altitude.

En Cévennes, la transhumance ovine a lieu un peu plus tard, vers la mi-juin. Les brebis sont marquées de l’insigne de leur propriétaire. On attache dans leur toison des pompons de laine de couleurs vives. Si la famille subit un décès en cours d’année, le troupeau n’est pas décoré en signe de deuil. Les brebis marchent pendant 4 ou 5 jours. Elles montent de loin, depuis les garrigues de Nîmes et Montpellier vers le Mont Lozère et le Mont Aigoual.

transhumance aubrac lozere

Transhumance en Aubrac

La batellerie est, quant à elle, devenue un produit touristique...

Oui, mais ces bateliers sur le Tarn sont les derniers témoins de cette très vieille profession de transport des marchandises et des hommes qui remonte au Moyen Âge. Jusqu’en 1905, il n’y avait pas de route dans les gorges. Le seul moyen de déplacement était un mauvais chemin muletier… ou le Tarn. Le transport ne s’effectuait que dans le sens descendant car la force du courant empêchait toute remontée. C’était un cheval marchant dans l’eau qui tirait les barques à vide au retour.

Aujourd’hui, chaque année, onze bateliers réunis en coopérative font descendre 30 000 visiteurs sur 8 km, de la Malène au Cirque des Baumes dans la partie la plus spectaculaire des gorges du Tarn.

Les Bateliers des gorges du Tarn

Est-ce difficile de maintenir toutes ces traditions ?

Cela repose sur des bonnes volontés qui travaillent à leur maintien. À Meyrueis, dans le sud-Lozère, par exemple, on a revitalisé la foire de la Saint-Michel, tous les derniers dimanches de septembre. Elle existe depuis 1229 et a bien failli disparaître… C’est aujourd’hui le plus gros marché régional de produits locaux. À l’époque, c’était une foire aux bestiaux, à la laine et aux céréales – on écoulait tout avant l’hiver –.

La Saint-Michel marque toujours le terme de la location des terres agricoles. C’était aussi la « loue » des bergers où ils venaient se chercher un nouveau maître. D’ailleurs, encore aujourd’hui, quand on dit d’un salarié qu’il « a fait Saint-Michel », c’est qu’il n’est pas très sérieux et a quitté son employeur avant terme et dans de mauvaises conditions…

Le Pays des Sources

La tradition thermale des villes d'eau remonte à l’époque romaine. Les vertus de la source chaude (41,5 °C) de Bagnols-les-Bains – sur les affections respiratoires et les rhumatismes – ont traversé les époques jusqu’à la station moderne que l'on connait aujourd'hui. Les bienfaits de l’eau thermale de La Chaldette sont, eux, reconnus depuis le Moyen Âge. Captée à 52 mètres de profondeur et naturellement à 35° degrés, elle est riche en minéraux et conseillée sur les affections ORL et digestives. Fermée un temps, la station a été totalement repensée en 1994.

 

 

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