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Quand l'ancien joue la carte de la couleur

MargerideChambres d'hôtesRestauration

En Margeride, deux demeures familiales ont été restaurées dans le souci de donner une touche de modernité à l’ancien. Pierre de granite, toit de lauzes, boiseries témoignent toujours du passé. Car ce n’est pas le passé que l’on enterre, c’est le présent que l’on assume aux couleurs du monde et de la vie d’aujourd’hui, à l’image de ses envies, de ses coups de cœur. Rencontre avec deux couples investis dans leurs lieux d’accueil pour le plaisir renouvelé de leurs hôtes.

Bruno Calendini

La Grange d'Émilie

« Petite escapade bien reposante en Margeride (…) dans un endroit magnifique, calme et entouré de pâturages. » Le livre d’or de La Grange d’Émilie abonde en compliments quant à l’accueil, la restauration de la bâtisse, l’espace bien-être, la table d’hôtes… Un pari réussi pour Émilie et Michel Pic, reconvertis dans l’accueil touristique après avoir dirigé une entreprise de nettoyage industriel pendant vingt-cinq ans. « Nous avions envie de rencontres au quotidien. Et à 57 ans, nous n’imaginions pas nous retrouver déjà à la retraite ! » L’ouverture de cinq chambres d’hôtes date de 2009. Depuis, ils ne cessent d’accueillir un public fidèle. La grange familiale en pierres de granite n’a plus grand-chose à voir avec celle où est née et où a grandi Émilie. Dans le grand bâtiment d’un seul tenant, une véranda ouvre ses baies vitrées sur la campagne au loin et sur le hêtre deux fois centenaire. C’est là que sont servis repas et petits déjeuners. De l’ancienne bâtisse, le couple n’a gardé que les toitures – restaurées toutefois – en lauzes ou en ardoises et les charpentes en mélèze aux numéros sculptés dans le bois. « Les artisans numérotaient les billes de bois qu’ils travaillaient par terre à l’hermine ou à la hache », explique Michel. Nous avons tout reconstruit et marié les matériaux modernes à l’ancien. Nous avons par exemple réalisé un plancher en béton et conservé certains parquets en chêne. Nous avons récupéré les poutres de l’étable afin de les replacer dans un escalier (chambre Gévaudan). » Émilie et Michel ont opté pour un design contemporain qui révèle la particularité de chacune des chambres. Tons de granite pour la « Margeride », tons beiges pour la « Causse », bête en fer forgé dans la « Gévaudan », pierre des Cévennes dans la chambre du même nom, baignoire en granite façon abreuvoir dans la « Aubrac ».

La chambre Gévaudan - La grande d'Émilie


 

La patte des artisans locaux

Pour la décoration intérieure et les meubles, Émilie et Michel ont fait appel aux artisans locaux, la garantie, selon eux, d’obtenir un résultat conforme à leurs attentes. Dans la salle commune, une immense table conçue sur mesure (3,50 m) accueille les groupes de 8 à 10 personnes, à l’intersaison, pour les repas du soir. Comme tous les deux sont gourmets, tous les deux cuisinent. Michel, originaire du Malzieu, aime le gibier qu’il prépare et c’est aussi lui qui pâtisse les cakes pour le petit déjeuner, et la tarte citron meringuée, sa spécialité. Émilie cuisine plutôt les entrées et les légumes. À partir du 15 juin, l’omelette aux girolles s’invite, par exemple, à leur table. Dans l’ancienne étable, ils ont installé une salle de bien-être : spa, sauna, hammam, douche, rameur et vélo. Au programme, si on le souhaite, massages avec un kiné… À l’extérieur, on se prélasse au soleil de la terrasse, bercé par un ruisseau artificiel. On ne s’étonne pas que de nombreux fidèles envoient leurs amis et la famille dans ce lieu où il fait bon se reposer. La Grange d’Émilie a d’ailleurs mis au point des bons cadeaux… À bon entendeur !

 

Repas à la Grange d'Émilie

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Le Domaine de Carrière

Chez Carine et Ramon Carmona, c’est aussi une histoire de famille. Et la même volonté de donner à l’ancien un coup de jeune ! Le château du domaine de Carrière (XVIIe et XVIIIe siècles) se dresse dans un parc de 10 ha, à la sortie de Marvejols. Acquis il y a une quarantaine d’années par M. Mialanes, le père de Carine, il était déjà exploité en chambres d’hôtes par sa mère. Quand Carine en hérite au décès de son père, elle décide de tout rénover. Elle conserve les parquets et les boiseries d’origine. Mais, osant les couleurs et la singularité, elle donne à l’ensemble une étonnante touche asiatique qui surprend plus d’un touriste. « Certains clients flashent sur le site Internet et pensent venir séjourner dans de l’ancien. Ils sont surpris de ce qu’ils trouvent. » Un bouddha médite dans le parc, des masques japonais tapissent une volée d’escaliers, des poupées hiératiques côtoient têtes de rois et reines argentés et orange. « J’ai entendu parler de "revival boudhiste", s’amuse Carine. Pour moi, c’est surtout un hommage à mon père, avec lequel nous devions partir en voyage en Asie. » Les grands volumes du château ponctués de touches venues du Vietnam, du Cambodge, de Thaïlande, d’Indonésie, attirent la clientèle. « Quand nous avons redécoré, ça a boosté le chiffre d’affaires : plus de 30 % de la clientèle est revenue voir la nouvelle déco ! », se souvient la jeune femme.

Salon du Domaine de Carrières


Composer avec les espaces et les volumes

Pour atteindre sobriété et simplicité, Carine fait appel à un architecte. Elle apprend à composer avec les espaces et les volumes, opte pour des cloisons ouvertes dans les chambres, entre cuisine et salle à manger, qui respectent la profondeur des salles. Elle choisit des couleurs claires pour la partie « restauration », des couleurs foncées pour la partie « nuit ». « Taupe, marron, bronze, beige. Je savais ce que je voulais, raconte-telle. Je n’éprouve aucune nostalgie pour le passé et je n’ai pas eu l’impression de trahir quoi que ce soit. Bien sûr, la soie tendue aux décorations d’oiseaux, c’était magnifique, mais ce n’était pas pour moi. » Elle troque les murs colorés pour du blanc, éclaire avec des accessoires de couleur, pose ici un tableau représentant une geisha, là, deux grandes toiles à la calligraphie élégante. Carine a pensé ce lieu à partir de ses coups de cœur et de ses envies. Comme elle n’est pas « du matin », elle privilégie les tables individuelles pour les petits déjeuners. Mais de l’ancienne salle, elle a gardé le bois pour son côté chaleureux. Le domaine de Carrière, c’est aussi un restaurant qui a trouvé sa notoriété grâce à la ténacité et à la créativité de son chef, Ramon Carmona. Les hôtes y dînent pendant leur séjour, les Marvejolais y reviennent ! Chaque jour est l’occasion d’un nouveau menu selon le marché. Le domaine de Carrière, c’est un compromis entre l’hôtel-restaurant et la chambre et sa table d’hôtes. « Avec le restaurant où j’assure le service, je ne suis pas disponible à 100 % pour mes hôtes. Mais nous nous retrouvons dans la salle de télé. Et toutes les pièces du château leur sont accessibles. Ici, ils sont chez moi chez eux ! »

Table au Domaine des Carrières

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Publié par

JustineFIRMIN

14/08/2020
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