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Du Mont-Lozère aux vallées Cévenoles

CévennesMont Lozère

De part et d’autre de la Corniche des Cévennes courent des gardons qui délimitent autant de petites vallées. D’ouest en est, partant de Florac, celles-ci sont caractéristiques d'un paysage méditerranéen riche d’une histoire liée au châtaignier, au mûrier et à la chèvre. Plus au nord, la vallée de la Mimente regarde vers le Mont-Lozère et ses plateaux verdoyants. Deux visages pour un seul « pays »…

Frédéric Julien

Au sud-est de Florac moutonnent de petites vallées schisteuses au relief accidenté dont les sommets à l'horizon se teintent de la même couleur bleue. On les appelle les « vallées des gardons », ces rivières claires, torrentueuses parfois, qui roulent à l'automne en gardonnades intempestives. C'est ici, dans la « Cévenne des Cévennes », que s'est en partie écrite l'histoire des camisards, « ces résistants protestants dont les temples dominent encore les vallées, pareils à des citadelles ». Du nord au sud, sur le versant méditerranéen, les vallées cévenoles s'étagent en parallèle : la vallée Longue qui mène plus loin vers le Gard, le Pays grand-combien et Alès ; la vallée Française et le pays de Calberte ; et, séparée de celle-ci par la Corniche des Cévennes – superbe route de crête –, la vallée Borgne.

Toutes trois desservent de petites communes de quelques centaines d'habitants et leur cortège de hameaux, d'écarts et de lieux-dits. Toutes trois offrent au regard leur paysage méditerranéen en terrasses (ou bancels), leurs murets en pierre sèche, leurs maisons aux toits de lauze et un riche patrimoine bâti. Ce sont les magnaneries où l'on élevait le ver à soie, les clèdes pour sécher les châtaignes, les rûchers-troncs, les fours à pain, les « trancats » qui régularisent la vitesse de l'eau en période de fortes pluies ou encore les béals creusés dans le rocher, véhiculant l'eau de la rivière jusqu'aux maisons ou aux bassins, irriguant les prés et faisant tourner les moulins.

 

Une identité mise en valeur

Au cœur du Parc national des Cévennes, le bâti reste particulièrement préservé, tant au niveau des habitations que des temples, des églises romanes, des maisons fortes, des châteaux témoins de petites seigneuries… L'identité des Cévennes se lit dans le territoire à travers des lieux emblématiques mis en valeur par le Parc tels que la tour du Canourgue, le musée des Vallées cévenoles, la maison de l'Eau de la vallée Borgne, le musée du Désert, etc.

Bâtisses des Cévennes

La châtaigneraie est encore présente, remise en état par quelques paysans-jardiniers. Mais on ne peut manquer les fûts gris émergeant du feuillage, témoins de l'encre ou du chancre ravageurs. Parfois le long des méandres d'un gardon ou sur une terrasse se dresse un arbre d'or (le mûrier) qui succéda à l'arbre à pain (le châtaignier), arbre nourricier s'il en fut, pour les hommes autant que pour les animaux, durant des générations. Deux arbres liés à l'histoire économique du territoire, car le mûrier reste emblématique d'une activité séricicole démarrée sous Henri IV, qui connut son apogée en 1850, avant d'être anéantie par la pébrine, une maladie qui ravagea des élevages entiers de vers…

De nombreux sentiers traversent ces vallées où selon les versants se côtoient pins sylvestres, hêtres, chênes rouvres, mélèzes et bouleaux. Ils offrent, sur les hauteurs, une vue imprenable sur les Cévennes, du Mont-Lozère au Mont Aigoual. Ce sont des chemins de grande randonnée, des sentiers d'interprétation accessibles à tous et balisés par le Parc National des Cévennes pour favoriser la compréhension du paysage modelé par l'homme au fil des siècles. Certains mènent à des fermes auberges où l'on peut déguster les produits de terroir et le fameux pélardon, fromage de chèvre qui a son AOP et sa fête, tous les deux ans début mai, dans le village de Sainte-Croix.

 

 

Producteurs, éleveurs, artisans et créateurs

La vie économique locale fourmille de petits producteurs : miel, légumes de saison ; fruits et fruits rouges, fleurs, plantes aromatiques transformés en confitures, en sirops, en liqueurs et apéritifs. La châtaigne est à l'honneur avec des productions en agriculture biologique. Le territoire a ses artisans sur bois, ses créateurs de vêtements, de bijoux… Y vivent de petits élevages diversifiés : ânes, chèvres, brebis, volailles.

Troupeau de brebis dans les Cévennes

De part et d'autre de la N 106, la vallée Longue traverse des communes aux noms de saints : Saint-André-de-Lancize, Saint-Privat-de-Vallongue, Saint-Hilaire-de-Lavit, Saint-Michel-de-Dèze, Saint-Martin-de-Boubaux, Saint-Julien-des-Points et Saint-Germain-de-Calberte. Au Collet-de-Dèze, on longe déjà le gardon d'Alès. La vallée Française s'étend de Barre-des-Cévennes au nord jusqu'à Saint-Étienne-Vallée-Française au sud en suivant le gardon de Sainte-Croix. Elle traverse des communes à l'habitat dispersé : Molezon, Gabriac, Moissac, Sainte-Croix, Saint-Étienne… La Corniche des Cévennes, qui part du Pompidou jusqu'à Saint-Jean-du-Gard, sépare les précédentes vallées de la vallée Borgne. Celle-ci s'étire le long du gardon de Saint-Jean-du-Gard et de la D 907. Saint-André-de-Valborgne, Les Plantiers, Saumane, L'Estréchure, Peyrolles, ponctuent une route aux 5 cols : Salidès, l'Espinasse, le col du Pas, le col de l'Asclier et celui de Mercou.

Vallées cévenoles

 

 

Un paysage de chaos granitiques

Sur le versant atlantique, la vallée de la Mimente ouvre vers le Bougès et le Mont-Lozère, un paysage minéral granitique, parsemé de « chaos ». Ici, la draille du Languedoc, chemin de transhumance, se confond en partie avec la ligne de partage des eaux. Situé entre Le Bleymard, Florac, Pont-de-Montvert et Villefort, le Mont-Lozère offre autant de vues sur les châteaux d'Aujac, de Portes, de Sénéchas, avec à l'horizon le Mont Ventoux. Contrairement aux vallées cévenoles, le Mont-Lozère est humide et vert, parcouru de ruisseaux. L'hiver y est particulièrement rigoureux. Dans ce paysage de pâturages, jusqu'à 1 300 mètres d'altitude, les troupeaux de bovins broutent à proximité de hameaux et de fermes encore actives. Les tourbières constituées de sphaignes (mousses) caractérisent le site : on en a répertorié un millier environ, plantées de joncs, habitées par les plantes insectivores, les grenouilles rousses… Ailleurs, la végétation s'orne de graminées, de pensées et de tulipes sauvages, de genêt purgatif, de gentiane jaune, de myrtille, de callune, de canche flexueuse… Sans oublier la faune et ses lézards, oiseaux migrateurs, sangliers, cerfs et chevreuils qu'il n'est pas rare de voir dans les forêts de hêtres et de sapins. Menhirs, vestiges galloromains, villages médiévaux, c'est un musée à ciel ouvert que l'on peut contempler à loisir.

Mont-Lozère, chaos granitique


Publié par

JustineFIRMIN

23/06/2020
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