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Hébergement d'exception : quand charme de l'ancien rime avec design contemporain

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Dans de vieilles bâtisses lozériennes, quelques hôteliers font le pari du design. Les hébergements racontent l’histoire du territoire tout en proposant le tout-confort et une déco contemporaine. Découverte de ces lieux de caractère en Margeride : les Granges de Bigose, gîte d’étape et chambres d’hôtes 3 épis, le Château d’Orfeuillette, hôtel 4 étoiles en Gévaudan, la Grange d'Émilie et le domaine de Carrière, chambres d'hôtes réputées.

Bruno Calendini

Les Granges de Bigose

Maison de campagne tout-confort

En pleine nature, les granges de Bigose dressent leur silhouette massive entre Margeride et Aubrac. Originaire de Marvejols, Benoît Castarède a fait le pari de reprendre ces anciens bâtiments agricoles situés sur la commune de Rimeize il y a plus de 10 ans, et de les restaurer pour en faire un lieu d’hébergement confortable. « Je recherchais de l’ancien, pour le cachet, indique-t-il. Je ne voulais pas créer un bâtiment contemporain. Ces granges, c’est exactement ce que je voulais. » D’autant que les bâtiments, relativement isolés, se situent tout de même non loin de l’autoroute, et sur le passage du chemin de Saint-Jacques, voie de randonnée fort fréquentée. Parfait pour le projet de tourisme vert dont rêvait Benoît. « Nous avons beaucoup de courts séjours, des gens qui viennent ici chercher le calme, se ressourcer », ajoute-t-il.

Chambre aux Granges de Bigose

Des granges, aujourd’hui, il ne reste que l’impression extérieure : les murs épais aux moellons de toutes tailles et les toits de lauze. Une fois la porte passée, on a peine à croire en effet que ces vastes bâtiments n’hébergeaient rien d’autre que du foin et des bêtes. La femme de Benoît, Mylène, qui exerce une profession libérale, l’a aidé dans la décoration des chambres et des espaces communs. Le bois est très présent, agrémenté de couleurs crème, beige ou chocolat. Meubles, literies et salles de bains affichent un confort impeccable, sans chichis. « Nous recherchions le côté chaleureux d’une maison de campagne, raconte Benoît Castarède. Nous n’avons pas fait trop de concessions à la décoration contemporaine, sans toutefois sacrifier le confort. » Dans la grande salle, les tables en bois clair tranchent avec le sol gris foncé. Le poêle à bois crée un coin cheminée, moderne, entouré de divans confortables. Dans les chambres, même nuancier de couleur, discret, apaisant. Les poutres de la toiture ajoutent au cachet campagne, tant recherché par les propriétaires. Du côté sud, les pierres apparentes rappellent l’ancienneté de la bâtisse et le lieu où l’on se trouve : en pleine campagne lozérienne. Du côté sud seulement, le seul où l’isolation thermique n’était pas indispensable. « On a tenu à faire apparaître les pierres autant que possible », ajoute Benoît Castarède. Un élément qui ajoute à l’ambiance authentique et paisible des lieux : tout à fait ce que les hôtes viennent chercher ici.

 

Le Château d'Orfeuillette

un conte de fée contemporain

Au château d’Orfeuillette, le défi fut du même ordre. « Quand on a pris possession des murs, il n’y avait plus aucun mobilier », se souvient Christophe Brunel, cogérant du groupe Brunel, propriétaire du domaine depuis 2009. Cette bâtisse du XIXe siècle, à l’allure de château de Cendrillon, fut jadis la propriété de Théophile Roussel et hébergea même Gustave Eiffel lors de la construction du viaduc de Garabit. « On aurait pu choisir de remeubler en style rétro, mais ça n’aurait eu aucun sens historique. Du coup, on a opté pour une décoration résolument contemporaine. » S’appuyant sur le thème du conte de fée moderne, certaines chambres affichent une décoration glamour, jeu de miroirs et de tissus à l’appui. De grandes baignoires ou des têtes de lit en forme de lèvres, clin d’œil voilé au génial artiste catalan Salvador Dali, distinguent les intérieurs du château d’Orfeuillette. « Nous avons axé sur la décoration, insiste Christophe Brunel. Plus de la moitié de nos clients s’avouent bluffés par notre style et reviennent pour ça, parce que ce qu’ils trouvent qu'ici est unique. Aujourd’hui, il existe une forme d’exigence par rapport à ça, les clients ont envie d’insolite et on arrive encore à les surprendre… » Du parc, la vision du château est féérique. À l’intérieur, le conte de fée contemporain fonctionne et transporte les hôtes dans un tout autre univers. Toutefois, M. Brunel a tenu à rendre hommage à un pan de l’histoire d’Orfeuillette : la chambre de Théophile Roussel offre un univers masculin aux couleurs tabac et chocolat ; une autre, dédiée à Gustave Eiffel, se pare d’un ton acier, ou le blanc et le gris dominent. Là aussi, les pierres gardent la mémoire des événements passés, apportant un plus indéniable à l’univers surprenant et contemporain du château devenu hôtel.

Intérieur du Château d'Orfeuillette


 

La Grange d'Émilie

Une grange familiale transformée

« Petite escapade bien reposante en Margeride (…) dans un endroit magnifique, calme et entouré de pâturages. » Le livre d’or de La Grange d’Émilie abonde en compliments quant à l’accueil, la restauration de la bâtisse, l’espace bien-être, la table d’hôtes… Un pari réussi pour Émilie et Michel Pic, reconvertis dans l’accueil touristique. « Nous avions envie de rencontres au quotidien. Et à 57 ans, nous n’imaginions pas nous retrouver déjà à la retraite ! » L’ouverture de cinq chambres d’hôtes date de 2009. Depuis, ils ne cessent d’accueillir un public fidèle. La grange familiale en pierres de granite n’a plus grand-chose à voir avec celle où est née et où a grandi Émilie. Dans le grand bâtiment d’un seul tenant, une véranda ouvre ses baies vitrées sur la campagne au loin et sur le hêtre deux fois centenaire. C’est là que sont servis repas et petits déjeuners. De l’ancienne bâtisse, le couple n’a gardé que les toitures – restaurées toutefois – en lauzes ou en ardoises et les charpentes en mélèze aux numéros sculptés dans le bois. « Les artisans numérotaient les billes de bois qu’ils travaillaient par terre à l’hermine ou à la hache », explique Michel. Nous avons tout reconstruit et marié les matériaux modernes à l’ancien. Nous avons par exemple réalisé un plancher en béton et conservé certains parquets en chêne. Nous avons récupéré les poutres de l’étable afin de les replacer dans un escalier. » Émilie et Michel ont opté pour un design contemporain qui révèle la particularité de chacune des chambres. Tons de granite pour la « Margeride », tons beiges pour la « Causse », bête en fer forgé dans la « Gévaudan », pierre des Cévennes dans la chambre du même nom, baignoire en granite façon abreuvoir dans la « Aubrac ».

La chambre Gévaudan - La grande d'Émilie

La patte des artisans locaux

Pour la décoration intérieure et les meubles, Émilie et Michel ont fait appel aux artisans locaux, la garantie, selon eux, d’obtenir un résultat conforme à leurs attentes. Dans la salle commune, une immense table conçue sur mesure accueille les groupes de 8 à 10 personnes, à l’intersaison, pour les repas du soir. Comme tous les deux sont gourmets, tous les deux cuisinent. Michel, originaire du Malzieu, aime le gibier qu’il prépare et c’est aussi lui qui pâtisse les cakes pour le petit déjeuner, et la tarte citron meringuée, sa spécialité. Émilie cuisine plutôt les entrées et les légumes. À partir du 15 juin, l’omelette aux girolles s’invite, par exemple, à leur table. Dans l’ancienne étable, ils ont installé une salle de bien-être : spa, sauna, hammam, douche, rameur et vélo. Au programme, si on le souhaite, massages avec un kiné… À l’extérieur, on se prélasse au soleil de la terrasse, bercé par un ruisseau artificiel. On ne s’étonne pas que de nombreux fidèles envoient leurs amis et la famille dans ce lieu où il fait bon se reposer. La Grange d’Émilie a d’ailleurs mis au point des bons cadeaux… À bon entendeur !

Repas à la Grange d'Émilie

 

 

Le Domaine de Carrière

Rénovation d'un château

Chez Carine et Ramon Carmona, c’est aussi une histoire de famille. Et la même volonté de donner à l’ancien un coup de jeune ! Le château du domaine de Carrière se dresse dans un parc de 10 ha, à la sortie de Marvejols. Acquis il y a une quarantaine d’années par M. Mialanes, le père de Carine, il était déjà exploité en chambres d’hôtes par sa mère. Quand Carine en hérite au décès de son père, elle décide de tout rénover. Elle conserve les parquets et les boiseries d’origine. Mais, osant les couleurs et la singularité, elle donne à l’ensemble une étonnante touche asiatique qui surprend plus d’un touriste. « Certains clients flashent sur le site Internet et pensent venir séjourner dans de l’ancien. Ils sont surpris de ce qu’ils trouvent. » Un bouddha médite dans le parc, des masques japonais tapissent une volée d’escaliers, des poupées hiératiques côtoient têtes de rois et reines argentés et orange. « J’ai entendu parler de "revival boudhiste", s’amuse Carine. Pour moi, c’est surtout un hommage à mon père, avec lequel nous devions partir en voyage en Asie. » Les grands volumes du château ponctués de touches venues du Vietnam, du Cambodge, de Thaïlande, d’Indonésie, attirent la clientèle. « Quand nous avons redécoré, ça a boosté le chiffre d’affaires : plus de 30 % de la clientèle est revenue voir la nouvelle déco ! », se souvient la jeune femme.

Salon du Domaine de Carrières

Composer avec les espaces et les volumes

Pour atteindre sobriété et simplicité, Carine fait appel à un architecte. Elle apprend à composer avec les espaces et les volumes, opte pour des cloisons ouvertes dans les chambres, entre cuisine et salle à manger, qui respectent la profondeur des salles. Elle choisit des couleurs claires pour la partie « restauration », des couleurs foncées pour la partie « nuit ». « Taupe, marron, bronze, beige. Je savais ce que je voulais, raconte-telle. Je n’éprouve aucune nostalgie pour le passé et je n’ai pas eu l’impression de trahir quoi que ce soit. Bien sûr, la soie tendue aux décorations d’oiseaux, c’était magnifique, mais ce n’était pas pour moi. » Elle troque les murs colorés pour du blanc, éclaire avec des accessoires de couleur, pose ici un tableau représentant une geisha, là, deux grandes toiles à la calligraphie élégante. Carine a pensé ce lieu à partir de ses coups de cœur et de ses envies. Comme elle n’est pas « du matin », elle privilégie les tables individuelles pour les petits déjeuners. Mais de l’ancienne salle, elle a gardé le bois pour son côté chaleureux. Le domaine de Carrière, c’est aussi un restaurant qui a trouvé sa notoriété grâce à la ténacité et à la créativité de son chef, Ramon Carmona. Les hôtes y dînent pendant leur séjour, les Marvejolais y reviennent ! Chaque jour est l’occasion d’un nouveau menu selon le marché. Le domaine de Carrière, c’est un compromis entre l’hôtel-restaurant et la chambre et sa table d’hôtes. « Avec le restaurant où j’assure le service, je ne suis pas disponible à 100 % pour mes hôtes. Mais nous nous retrouvons dans la salle de télé. Et toutes les pièces du château leur sont accessibles. Ici, ils sont chez moi chez eux ! »

Table au Domaine des Carrières

 

 

Publié par

JustineFIRMIN

13/08/2020
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